La fille qui avait atomisé un manchot empereur dans son micro-ondes par anticléricalisme primaire

Parce qu’une blogueuse influente et cool aime te raconter les touchantes aventures de sa progéniture baptisée Parme, Enzo, Mattéo ou Clitoris (oui, la blogueuse influente a aussi le sens de la subversion)
Phlegmon (c’est ma fille pas très bien élevée, rapport au fait qu’elle fréquente une école catholique, mais c’est seulement parce que c’est pas loin de chez nous, moi je suis une grande fan d’Émile Combes si tu veux le savoir) m’a fait acheter une bouillotte l’autre jour.
C’était presque bizarre, parce que Phlegmon n’a jamais froid. Tu peux la mettre au milieu d’un champ de betteraves tout pelé du Nord-Pas-de-Calais au mois de février, elle insistera pour rester en manches courtes. Loutre dit que c’est parce qu’elle est croisée avec un lézard, mais Loutre dit beaucoup de bêtises (comme par exemple que les cultivateurs de betteraves du Nord-Pas-de-Calais ont une propension certaine à la consanguinité et à la connerie congénitale, mais moi je réponds toujours que Dany Boon n’est pas représentatif de tous les gens du Nord). La suite, merde!
La fille qui avait soudain très envie de boire un Nescafé tiède en soufflant dans une flûte de Pan
Parce qu’une blogueuse populaire et glamour a besoin de te faire savoir qu’entre deux défilés de mode et trois ventes privées, elle sait rester simple et aime se ressourcer en toute humilité lors de promenades bucoliques et rafraîchissantes au fin fond de notre bon terroir où il n’y a que des ploucs et même pas une boutique Pimkie.
J’ai très envie de te faire partager mon excitation qui est en rapport avec mon imminent départ en week-end anticipé.
Si j’étais malhonnête et sans scrupules, je te raconterais qu’avec Loutre, on s’en va cinq jours à Venise dans la suite DSK de l’hôtel Danieli, que c’est parce que Thomas Cook m’a suppliée d’y aller gratuitement pour pouvoir leur écrire un billet sponsorisé après, qu’en plus ils nous offrent le champagne à volonté, que le cousin de ma tata Jacqueline était le secrétaire particulier de François Mitterrand et que John Carpenter vient de me proposer d’écrire le scénario de la suite d’Into the mouth of madness (j’ai dit non parce que j’ai déjà trop de boulot à réécrire celui de Terminator 5 pour James Cameron).
Bon, en vrai, on part trois jours quelque part dans les environs de Loc-Maria Plouzané, où il y a la plage de Porsmillin qui est très prisée pour la pratique du surf et du bodyboard. C’est juste dommage que je ne pratique ni le surf, ni le bodyboard. Et aussi que l’eau, elle soit à deux degrés. Sinon, je crois qu’on en aurait beaucoup profité. La suite, merde!
La fille qui allait choper la dysenterie pendant son merveilleux rendez-vous en terre inconnue

Parce qu’une blogueuse hype et glamour sait toujours trouver les bons plans et les sponsors adéquats pour aller entretenir son mélanome malin sur les plages de Saint Barth’.
Hier, c’était un chouette dimanche très calme dans notre maison d’Armorique.
Dehors, il neigeait, et dedans il neigeait aussi, mais c’est parce que Phelgmon, qui est ma fille assez mal éduquée, était en train de secouer sa tête en criant du yaourt par-dessus la chanson de Metallica qui tournait sur son mange-disque rose bonbon, et quand Phlegmon secoue sa tête, il y a quelques pellicules qui tombent, rapport au fait qu’elle est un peu grunge (oui, moi aussi j’ai du mal à réaliser qu’elle a sept ans, qu’elle vénère Kurt Cobain et qu’elle écoute Enter Sandman, ça me rapproche un peu trop du concept de mortalité et de finitude). On avait aussi fait du feu, Ted Bundy pétait vaguement dans son sommeil, Eva Braun étripait une mésange à demi-morte sur le tapis devant la cheminée, Zoul traînait son odeur de langue de boeuf décongelée et avariée sous la table du salon, et Loutre et moi on lisait des magazines éducatifs (Lire pour Loutre, Mad Movies pour moi).
La fille qui faisait des cadeaux de Saint Valentin dignes d’un roman de Marc Lévy, dis donc
Parce qu’une blogueuse populaire et glamour se doit de te faire savoir qu’elle met régulièrement sa notoriété au service de grandes et nobles causes, comme la protection des bébés phoques ou celle des parlementaires touchés par la maladie d’Alzheimer.
Cette année, pour la première fois, j’ai envisagé l’idée de faire un cadeau à Loutre pour la saint-Valentin.
D’habitude, c’est vrai qu’on n’y pense même pas et qu’on a tendance à se moquer un peu des gens qui achètent des Mon Chéri et des flacons de parfum en promotion chez Séphora sous prétexte qu’on est bientôt le 14 février. Nous, ça nous fait doucement rigoler, mais c’est parce qu’on est pas très charitables et qu’on a reçu une mauvaise éducation (je t’ai parlé de la photo de Loutre pendant sa Communion Solennelle, avec l’aube blanche, le cierge géant et la coupe de cheveux à la Sauvés par le gong?)
Anybref, cette année j’ai quand même pensé que je pourrais trouver quelque chose d’original mais tout de même un peu romantique pour mon tout premier cadeau de Saint-Valentin, comme un coussin péteur en forme de coiffe bretonne.
La fille qui abusait décidément un peu trop des films de zombies
Parce qu’une blogueuse populaire et adulée ne peut concevoir qu’un évènement aussi considérable que son détartrage de routine ou son frottis annuel ne deviennent pas immédiatement des items cultes de la blogosphère.
Hier, j’étais chez le dentiste.
Oui je sais, dit comme ça, on dirait le début d’un livre d’Albert Camus, mais en vrai, tu vas voir que ça ressemble davantage à du Stephen King.
Quand j’ai pris rendez-vous chez ce dentiste, la semaine dernière, je le connaissais pas. Parce que ma dentiste habituelle, elle était pas là, vu qu’elle part souvent crapahuter dans les hauts plateaux du Pérou et de la Tanzanie pour soigner gratuitement les paysans du Tiers-Monde qui ont du café Max Havelaar mais pas de dentiste. Ma dentiste habituelle, c’est Soeur Emmanuelle qui se serait réincarnée dans le corps de Josée Dayan.
Moi je voulais attendre qu’elle revienne, parce que j’ai un peu peur des blouses blanches (je t’ai déjà parlé du docteur Pilchard, qui m’a opérée des végétations quand j’avais sept ans, et du syndrome de stress post-traumatique que ça m’a causé). Mais Loutre n’a rien voulu savoir, en me disant qu’il fallait que j’assume, que j’avais déjà trop attendu pour faire soigner cette dent et que c’était fatiguant de m’entendre me plaindre à chaque repas.
Donc j’ai appelé un cabinet pas loin de chez moi, que Loutre avait trouvé dans les Pages Jaunes, et j’ai patienté trois minutes au standard sur fond de Chopin (pas La Polonaise, qui donne envie de sourire aux pigeons et de voter écolo, mais La Marche Funèbre, qui donne envie de se faire implanter des prothèses mammaires contaminées).






