La fille qui trouvait que c’était La dèche

Un premier billet, c’est toujours un peu l’équivalent d’une promenade dans le rayon charcuterie fine d’un supermarché moscovite en 1982.

Un grand moment de solitude, donc.
C’est sans doute dans ces moments-là qu’on se dit qu’on aurait peut-être mieux fait d’y réfléchir à deux fois, avant de larguer son ancien lectorat comme on quitte une réunion Tupperware qui s’enlise.

Existe-t-il d’ailleurs des réunions Tupperware qui ne s’enlisent pas?
Je veux dire, que peuvent bien se raconter des ménagères sexuellement frustrées, confinées dans un salon à la déco pathologiquement surchargée, pendant qu’elles manipulent fébrilement quelques boites en plastique colorées?

J’en parlais avec Loutre, l’autre soir (de l’angoisse de recommencer un tout nouveau blog, pas des réunions Tupperware).
Loutre partage ma vie, mon lit, mes toilettes et mes emmerdes, c’est pour ça que je l’aime, surtout rapport aux emmerdes.
(Ah oui, et pour le surnom, c’est à cause du pelage lustré, pas en référence à la couche de graisse. Loutre fait du sport, c’est moi qui fais du lard)

(Moi): Tu sais, j’ai ouvert un nouveau blog.
(Loutre): Ah.
(Moi): Ouais.
(Loutre): …
(Moi): Si je t’emmerde, faut me le dire, hein.
(Loutre): (soupir) Bon, crache le morceau, qu’est-ce qui te turlupine?
(Moi): Les débuts sont toujours aussi difficiles. J’ai l’impression d’écrire dans le vide.
(Loutre): Non.
(Moi): Quoi, « non »? « Non » comme dans « Mais non, tu n’écris pas dans le vide »?
(Loutre): Non. « Non » comme dans « non, c’est pas une impression ».
(Moi): Je te remercie de ton soutien. C’est bonheur.
(Loutre): Ne me remercie pas. C’est plaisir.
(Moi, in petto): …pute
(Loutre): J’ai entendu. Tu devrais améliorer ton italien et ton latin, tu en es encore à confondre in petto et mezzo voce.

C’est dans ces moments-là que je brûle, malgré moi, d’être à la place de Bénédicte Jolicul ou de Don le Plombier, ces blogueurs qui peuvent désormais dire merde à leurs conjoints, mépriser leurs anciens amis en ne les invitant pas à l’avant-première de l’adaptation de leur dernier best-seller (lui-même adapté de leur blog) par Josée Dayan (réalisatrice obèse rendue célèbre par ses adaptations télévisuelles de grands classiques de la littérature française, adaptations qui feraient passer n’importe quel épisode de Joséphine Ange-Gardien pour un grand moment de cinéma) ou par Olivier Marchal (ex-flic, actuel mauvais acteur) et mettre leurs enfants dans le privé à Neuilly en espérant qu’ils finiront à la tête d’un EPAD , tout ça parce qu’ils ont eu un jour l’idée brillante de faire des sous avec leurs blogs.

Finalement, je vais peut-être essayer d’écrire des billets rémunérés.
Dès que j’aurai des lecteurs.
Ce qui ne saurait tarder.
….
….
voilà, voilà.
….
….
Bon.
….
….

– Consonne.
– Consonne.
– Consonne.
– Voyelle.
– Consonne.
– Consonne.
– Voyelle.
– Consonne.
Tic tac, tic tac, tic tac, tic tac, tic tac, tic tac, tic tac, tic tac…
DRIIIIIIING!
– Alors, la Chose?
– Huit lettres.
– Monsieur Dugland?
– Pas mieux.
– Eh bien on vous écoute, la Chose.
– « Phlegmon ».
– Oui?
– P-H-L-E-G-M-O-N.
– Dites-en davantage, la Chose, voilà un bien joli mot!
– Oui. C’est une sorte d’abcès purulent à streptocoque bêta hémolytique A. C’est comme ça que j’appelle ma fille.
– …
– …
– Bon, eh bien, c’est au tour de monsieur Dugland pour les chiffres!
Tic tac, tic tac, tic tac, tic tac, tic tac, tic tac, tic tac, tic tac…

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11 réflexions sur “La fille qui trouvait que c’était La dèche

  1. j’ai débuté mon premier blog en décembre
    j’ai l’impréssion de parlée toute seule, mais quelques commentaires apparaissent de temps en temps, alors on se sent un peu moins seule.
    J’aime bien ton blog et ton humour.
    Continue comme ça

  2. Chloé

    Allez hop, un nouveau commentaire…Non, Jeff, t’es pas tout seul…

    • « Mais arrête de pleurer
      Comme ça devant tout le monde
      Parce qu’une demi-vieille
      Parce qu’une fausse blonde
      T’a relaissé tomber… »

  3. Mais nom de Dieu de quoi tu te plains, au juste, La Chose?
    Je suis moi-même blogueuse depuis le jour saint du 28 novembre 2006, soit plus de trois ans et tu sais quoi? Bah j’en ai toujours pas, des lecteurs. Moi qui pensais que j’allais faire carrière, moi qui pensais devenir une blogueuse influente et tout, pas peau d’balle… Rhaaaa les lecteurs, quelle race de merde !

    • C’est parce que t’as pas encore compris comment on racole avec efficacité: au lieu d’écrire « le jour saint du 28 novembre 2006 », tu mets « Saint, saint, SEIN fut le jour du 28 novembre 2006, où je pris mon courage à deux mains et, ma petite CHATTE sur les genoux, assise sur la BITTE d’amarrage qui me sert de chaise de bureau, je me mis en tête de rédiger un premier billet sur mon blog en me promettant de me casser le CUL à le rendre intéressant et drôle… »

  4. Une blogueuse influente et bienveillante m’avait un jour envoyé plein de monde. Ce plein de monde a laissé plein de commentaires (tout est relatif, je veux dire par rapport à d’habitude) et n’est pas revenu. Après lecture desdits commentaires, je me suis dit que la nature était parfois bien faite.

  5. Antoine D.

    Rhaaa – nom d’gu – j’a lu tout l’bogue, j’a ri ri ri. Faudrait quand même les lire dans l’orde ces conneries… Surtout quand la source a tari, comme VieuxFelin, DonjonJoyeux ou Pénélope JoliCoeur… Tendresses!

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